Historique des évènements en France et dans le monde
1986 : Création de la Commission de Génie Biomoléculaire (CGB) par le Ministère français de l’Agriculture. Elle est composée d'experts scientifiques et de représentants de la société civile et a pour mission d'évaluer, au cas par cas et avant toute autorisation, les risques pour la santé publique et l'environnement, liés à la dissémination d'organismes génétiquement modifiés. Cette instance consultative est obligatoirement saisie par l'administration avant toute autorisation de dissémination volontaire d'OGM. Elle représente donc une étape essentielle dans le processus français et européen d'autorisation des OGM.
1989 : Création de la Commission du Génie Génétique (CGG). Elle est chargée d'évaluer les dangers et les risques que présentent les organismes génétiquement modifiés quelle que soit leur utilisation ultérieure.
1990 : Adoption par la Communauté européenne de deux directives relatives aux OGM :
- La directive 90/219/CEE relative à l’utilisation confinée de micro-organismes génétiquement modifiés (MGM) à des fins industrielles ou de recherche
- La directive 90/220/CEE qui régit les disséminations volontaires à des fins de recherche et développement, ainsi qu’à la mise sur le marché. Elle fait obligation de procéder à une évaluation environnementale et prévoit une autorisation par étapes de la dissémination d’OGM. Une évaluation au cas par cas des risques pour la santé humaine, la santé animale et l’environnement est réalisée avant toute dissémination ou mise sur le marché.
1995-1999 : Programme de recherche inter-instituts réunissant le CETIOM*, l’AGPM*, l’ITB*, l’ITCF* et l’INRA*, sous le contrôle de la CGB. Cette démarche a été soutenue par les pouvoirs publics et encadrée par un comité de pilotage réunissant des représentants de la recherche publique et des professions agricoles. Ces études de plates-formes inter-instituts ont eu pour objectifs de préciser, en conditions agronomiques, l’impact des cultures transgéniques (colza, betterave et maïs) sur l’environnement et sur les systèmes de culture, de mettre au point des techniques culturales précises pour les plantes transgéniques et éclairer ainsi la réflexion engagée pour l'élaboration du suivi des premières commercialisations effectives.
18 décembre 1996 : Première autorisation par la Commission européenne d’importer du maïs génétiquement modifié résistant à la pyrale et de le cultiver sous réserve que la variété soit inscrite dans l’Etat membre qui souhaite le produire.
1997-2000 : Programme d’étude de 3 ans mis en place par l’AGPM*, avec le CETIOM*, la FNPSMS*, Seproma*, l’INRA, l’Institut de l’Elevage, le CNIEL*, et les industriels obtenteurs (Aventis, Monsanto) sur l’évaluation de la valeur technologique, alimentaire et zootechnique de produits et sous-produits issus de plantes génétiquement modifiées. Une première expérimentation a été réalisée sur du maïs grain transgénique, dont l’objectif est d’évaluer la qualité technologique et alimentaire des grains et des produits issus de transformations industrielles (semoulerie, brasserie, cuisson-extrusion, huilerie). Une deuxième expérimentation a été réalisée sur des vaches laitières et des moutons. L’objectif de cet essai a été de tester l’impact de l’utilisation de maïs fourrage issu de variétés génétiquement modifiées sur la valeur alimentaire du fourrage, les performances zootechniques (production de lait) et la qualité du lait.
SEPROMA : Sélection, production, commercialisation de semences de maïs
AGPM : Association Générale des Producteurs de Maïs
CETIOM : Centre Technique Interprofessionnel des Oléagineux Métropolitains
FNPSMS : Fédération Nationale de la Production des Semences de Maïs et de Sorgho
CNIEL : Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière
27 janvier 1997 : Adoption par la Commission européenne du règlement (CE) n° 258/97 dit "nouveaux aliments" (Novel Foods) relatif aux nouveaux aliments et aux nouveaux ingrédients alimentaires qui fixe des règles concernant l'autorisation et l'étiquetage des nouveaux aliments, ce qui inclut les produits alimentaires qui contiennent des OGM ou des dérivés d’OGM (entrée en vigueur le 15 mai 1997).
Février 1997 : Autorisation par le Gouvernement français de la commercialisation et la consommation d’une variété de maïs transgénique résistant à la pyrale dans l’alimentation animale et humaine sous la condition d’un étiquetage spécifique des produits issus de cet OGM.
Novembre 1997 : La Commission européenne rend obligatoire l’étiquetage de tous les produits alimentaires contenant du soja ou du maïs génétiquement modifié. Ces produits devront porter la mention "susceptible de contenir des produits issus d’OGM".
Février 1998 : Autorisation de vente de semences de 3 variétés de maïs transgéniques par le ministère français de l’agriculture. La France devient le premier pays d'Europe à cultiver des OGM.
10 mars 1998 : Mise en place d’un Comité de biovigilance par le Gouvernement français, réunissant des scientifiques, des représentants de la société civile (agriculteurs, consommateurs, associations de protection de la nature), des professionnels et administrations compétentes. Les objectifs de ce comité concernent les protocoles permettant le contrôle de la dissémination volontaire d’OGM,. Ce système de biovigilance est renforcé par la Loi d’orientation agricole (adoptée par le Sénat le 2 février 1999), qui prévoit , dans son volet "surveillance biologique du territoire", une surveillance renforcée des végétaux, y compris des OGM, pour "identifier et suivre l’apparition éventuelle d’effets non intentionnels sur les écosystèmes agricoles". Cette surveillance est confiée aux agents habilités chargés de la protection des végétaux.
Mai 1998 : Adoption par les ministres européens de l’Agriculture d’une nouvelle réglementation concernant la modification de la mention sur l’étiquetage des produits alimentaires contenant des OGM. Ces produits devront porter la mention "produit à partir de maïs génétiquement modifié" ou "produit à partir de soja génétiquement modifié".
Mai 1998 : Rapport de Jean Bizet, Commission sénatoriale des Affaires économiques et du Plan sur les OGM "Transgéniques : pour des choix responsables" qui fait le point sur les multiples applications du génie génétique, rappelle les enjeux et fait des propositions pour l'accompagnement de ces nouvelles technologies.
20-21 juin 1998 : Conférence de citoyens sur "l’utilisation des OGM dans l’agriculture et l’alimentation". Débat organisé à l’Assemblée nationale par l’Office parlementaire d’Evaluation des Choix scientifiques et technologiques (OPECST). Un panel de 14 citoyens, sélectionnés par l’IFOP, a reçu une formation sur les biotechnologies, avant de questionner, pendant deux jours, un groupe d’experts désignés par leurs soins. Les citoyens ont ensuite rendu un avis : le panel se prononce pour une autorisation des plantes transgéniques au cas par cas et un soutien sous réserve aux biotechnologies végétales, encourageant la France à tenir son rang dans la compétition internationale.
30 juin 1998 : Rapport du député Jean-Yves Le Déaut, président de l’OPECST sur "l’utilisation des OGM dans l’agriculture et l’alimentation" qui est remis au Premier Ministre. Il fait un grand nombre de recommandations afin que l’introduction de ces plantes, nées du génie humain, se fasse dans la transparence et dans le respect de la démocratie.
6 juillet 1998 : Adoption par le Parlement européen de la directive 98/44 relative à la protection juridique des inventions biotechnologiques.
Août 1998 : Autorisation de deux nouvelles lignées de maïs transgéniques par le Gouvernement français. Moratoire décidé par le Gouvernement français sur les autorisations de mise sur le marché pour le colza et la betterave génétiquement modifiés, d’une durée de deux ans.
Septembre 1998 : Suspension provisoire de la commercialisation de variétés de maïs transgéniques Novartis par la section Contentieux du Conseil d’Etat, suite à un recours déposé par les organisations écologiques.
18 novembre 1998 : Programme de recherche de 2 ans encadré par un Comité de pilotage, présidé par la FNSEA et composé de 37 organisations partenaires, sur la pertinence économique et de la faisabilité d’une filière "sans utilisation d'OGM".
1999-2001 : Prolongation du programme de recherche inter-instituts mis en place en 1995 pour acquérir des données supplémentaires sur l’impact des cultures transgéniques sur l’environnement et les systèmes de culture. Des modifications ont été introduites dans les protocoles d’observation pour créer des conditions favorisant des phénomènes dont la fréquence est traditionnellement faible.
2 février 1999 : Adoption par le Sénat de la Loi d’Orientation Agricole qui prévoit notamment une surveillance renforcée des végétaux, y compris les semences, les produits antiparasitaires à usage agricole et les produits assimilés, les matières fertilisantes et les supports de culture, composés en tout ou en partie d’Organismes génétiquements modifiés, disséminés dans l’environnement ou mis sur le marché.
1 avril 1999 : Création de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) C’est une agence de veille, d’alerte et d’expertise chargée d’évaluer les risques sanitaires et nutritionnels que peuvent présenter les aliments destinés à l’homme ou aux animaux. Elle est obligatoirement consultée sur les projets de dispositions législatives ou réglementaires portant sur ce domaine.
20 mai 1999 : Publication dans Nature par le professeur John Losey d’une étude concluant à l’effet fatal d’un maïs transgénique Bt sur le papillon monarque, déclenchant un raz-de-marée médiatique.
21 mai 1999 : Suspension de la procédure d’autorisation d’un maïs Bt de Pioneer Hi-Bred par la Commission européenne face au déferlement médiatique entourant l’article de Nature.
22 mai 1999 : L’Autriche interdit la mise en culture du maïs transgénique de Novartis et de Monsanto, suite à l’article dans Nature.
15 juin 1999 : le professeur John Losey nuance ses propos sur les effets du maïs transgénique sur le papillon Monarque.
22 juin 1999 : La Commission du Génie Biomoléculaire, saisie par le Gouvernement, adopte un avis affirmant que :
- la toxicité du maïs Bt sur le papillon Monarque est négligeable dans des conditions agronomiques habituelles
- un renforcement des mesures de biovigilance sur les maïs transgéniques est nécessaire.
24 juin 1999 : L’Europe adopte un moratoire sur les OGM.
25 juin 1999 : La France instaure un moratoire, pour 3 ans, sur toutes les nouvelles autorisations d’OGM.
25 novembre 1999 : Conclusions de l’Avocat général de la Cour de justice des Communautés européennes, saisie par le Conseil d’Etat. Les autorités françaises doivent autoriser la mise sur le marché des trois variétés de maïs génétiquement modifiés de la société Novartis.
Novembre 1999 : Rapport de Philippe Kourilsky, professeur au Collège de France, et de Geneviève Viney, professeur de droit, sur le "principe de précaution".
29 janvier 2000 : Adoption à Montréal par 138 pays du protocole de Carthagène sur la biosécurité visant à réglementer selon le principe de précaution les échanges internationaux d’organismes génétiquement modifiés vivants.
9 février 2000 : Publication du Livre blanc par la Commission européenne sur la responsabilité environnementale. Il examine différentes solutions en vue de mettre en place un système de responsabilité environnementale à l’échelon communautaire.
28 février-1er mars 2000 : Conférence scientifique internationale organisée par l’OCDE à Edimbourg sur les aliments génétiquement modifiés et la santé humaine.
Avril 2000 : Entrée en vigueur des nouvelles règles européennes d’étiquetage : tout ingrédient dérivé d’OGM et destiné à l’alimentation humaine doit être étiqueté comme tel à partir d’un seuil minimal de 1 %.
Septembre 2000 : Organisation de débats citoyens dans 60 villes de France par le Secrétariat d’Etat à la consommation et animés par des associations de consommateurs sur le thème "débat public sur les OGM".
14 Février 2001 : Adoption par le Parlement européen de la directive 2001/18, remplaçant celle de 1990, sur les disséminations des OGM dans l’environnement. Elle a principalement pour but de rendre la procédure d’autorisation de dissémination volontaire et de mise sur le marché d’OGM plus efficace et plus transparente (entrée en vigueur en octobre 2002).
25 juillet 2001 : Adoption de deux propositions de règlement par la Commission européenne concernant la traçabilité et l’étiquetage :
- la mise sur le marché d’un OGM doit suivre une procédure unique via le comité scientifique de l’Autorité alimentaire.
- Tous les produits alimentaires à base d’OGM, y compris les aliments pour les animaux, et les produits dont la modification génétique n’est plus détectable suite à un processus de transformation, devront faire l’objet d’un étiquetage au –dessus d’un seuil de présence fortuite de 1 %.
7 août 2001 : Présentation de la première "norme OGM" par l’Association Française de normalisation (AFNOR). Elle indique que toute méthode de détection d’OGM basée sur l’ADN, et plus particulièrement sur la PCR, doit satisfaire à un cadre général. Elle est destinée aux laboratoires prestataires de services et aux industriels.
Septembre 2001 : Rapport du Commissariat général du Plan qui préconise une coexistence possible des cultures OGM et non-OGM. Une implication ferme de l’Etat devra être mise en place, avec notamment un renforcement de la recherche publique. Le rapport ajoute quatre recommandations pour l’amélioration du dispositif d’évaluation des risques.
Septembre 2001 : Lancement d’une consultation publique de grande ampleur à partir d'un document intitulé "Vers une vision stratégique des sciences du vivant et de la biotechnologie" par la Commission européenne pour préparer une initiative législative dans ce domaine.
17-18 décembre 2001 : Colloque scientifique organisé par l’AFSSA à Paris consacré aux OGM. Ouvert au public, ce colloque a pour thème : "OGM : peut-on évaluer des bénéfices sanitaires ?" Ce colloque a souligné la nécessité d’évaluer les bénéfices allégués pour les OGM, au cas par cas, et de recueillir l’avis des consommateurs aussi tôt que possible.
Février 2002 : Création d’une mission sénatoriale d’information chargée d’étudier les enjeux économiques et environnementaux des OGM par la Commission des Affaires Economiques.
4-5 février 2002 : Débat public "les OGM et les essais en champ" organisé par le comité des quatre Sages, nommés par le gouvernement pour faire des propositions sur les essais d’OGM à l’air libre. Les quatre Sages se prononcent pour la poursuite des essais OGM en champ en échange d’un contrôle renforcé des disséminations.
Juin 2002 : L’Europe ratifie le Protocole sur la biosécurité, dit Protocole de Carthagène, qui rend obligatoire aux pays signataires de mettre à disposition des publics concernés toutes les informations relatives aux risques pouvant être engendrés dans la circulation et les échanges d’OGM.
Juillet 2002 : Autorisation de 8 nouveaux essais d’OGM en champ par le ministère de l’Agriculture sous deux conditions : les lieux d’implantation des essais devront être inspectés par les services régionaux de la protection des végétaux et la distance d’isolement avec d’autres cultures conventionnelles sera doublée, de 200 à 400 mètres.
Octobre 2002 : Entrée en vigueur de la directive européenne 2001/18 sur les disséminations des OGM dans l’environnement, couvrant aussi bien les cultures expérimentales que la commercialisation d’OGM. Elle prévoit notamment une évaluation des risques à toutes les étapes de la procédure d’autorisation, une limitation de la durée de validité des licences d’exploitation à 10 ans et une suppression progressive des OGM comportant des gènes de résistance à des antibiotiques.
Décembre 2002 : Rapports de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine qui concluent à l’absence de risques liés à l’utilisation d’OGM pour la santé humaine.
Décembre 2002 : Inauguration par la Commission Européenne d’un réseau de 45 laboratoires de contrôle des OGM dans l’UE pour assurer le contrôle du seuil d’étiquetage des OGM alimentaires. Les 45 laboratoires utiliseront les mêmes méthodes de détection, d’identification et de quantification des OGM.
Janvier 2003 : Adoption par l’Assemblée Nationale d’un projet de loi autorisant la ratification du protocole de Carthagène sur la biosécurité. Ce protocole autorise notamment un Etat à interdire l’importation d’OGM en vertu du principe de précaution.
Avril 2003 : Mise en place d’une nouvelle procédure d’autorisation des essais OGM par le Ministère de l’Agriculture, axée notamment sur une enquête préalable par les services régionaux de protection des végétaux et une information spécifique des maires de communes concernées.
7 Avril 2003 : Ratification officielle du protocole de Carthagène par la France comprenant le commerce international des OGM.
Avril 2003 : Rapport de la Commission des Affaires Economiques du Sénat qui prône la levée du moratoire mis en place depuis 1999.
Mai 2003 : Autorisation de 14 nouveaux essais de culture d’OGM en champ par le Ministère français de l’Agriculture.
13 Mai 2003 : Dépôt d’une plainte à l’Organisation Mondiale du Commerce par les Etats-Unis contre le moratoire de l’UE sur les OGM pour motif d’entraves au commerce. L’Argentine, le Canada et l’Egypte se sont associés à leur plainte.
2 juillet 2003 : Adoption par le Parlement européen de règles sur l’étiquetage et la traçabilité des produits contenant des OGM. Les nouvelles règles imposent un étiquetage des produits alimentaires contenant plus de 0,9 % de matériel génétiquement modifié, y compris ceux contenant des dérivés d’OGM qui ne présentent plus de trace d’ADN. Cette disposition vaut également pour les aliments destinés aux animaux. Par ailleurs, l’étiquetage sera nécessaire au-delà du seuil de 0,5 % concernant des composants OGM non autorisés au sein de l'Union. La traçabilité des OGM devra être totale, des semis au produit fini, afin de pouvoir retrouver le responsable d'une éventuelle contamination.
3 septembre 2003 : Une pétition contre les destructions de parcelles d'OGM expérimentaux initiée par huit chercheurs, a réuni 1.400 signatures de scientifiques. Ceux-ci souhaitent exprimer leur inquiétude et leur exaspération. Selon eux, près de la moitié des expérimentations de plantes génétiquement modifiées autorisées en 2003 ont été détruites cet été. Ces saccages répétés portent un grave préjudice aux activités de recherche et de développement en biologie végétale.
11 septembre 2003 : Le protocole sur la bio sécurité encadrant notamment les mouvements transfrontaliers d'OGM est entré en vigueur.
12 janvier 2004 : Accord en Allemagne sur une loi autorisant les OGM dans l'agriculture.
Les Verts et les sociaux-démocrates (SPD) au pouvoir en Allemagne ont trouvé un acord sur une loi régissant la culture et la commercialisation d'OGM.
La loi transpose dans le droit allemand les directives européennes concernant la culture et la commercialisation d'organismes génétiquement modifiés. Elle précise également les conditions de la coexistence entre culture OGM et plants traditionnels, ainsi que les recours judiciaires en cas d'abus.
6 février 2004 : Bruxelles relance les procédures suspendues.
La Commission européenne a approuvé le 28 janvier, comme prévu, une série de mesures destinées à débloquer enfin le dossier OGM : transmission de la proposition d'autorisation du maïs doux Bt11 de Syngenta au Conseil des ministres des Quinze et du projet autorisant le maïs NK603 de Monsanto (importation et transformation) au Comité réglementaire compétent ; supression des différentes barrières mises en place dans les Etats membres ; détermination de seuils pour la présence fortuite d'OGM dans les semences, etc.
18 février 2004 : Les experts des Quinze ont échoué à se mettre d'accord mercredi pour autoriser ou interdire l'importation dans l'UE d'un maïs transgénique du géant agro-alimentaire Monsanto, renvoyant ainsi le dossier au conseil des ministres européens, a annoncé la Commission européenne.
Les experts du Comité sur la dissémination des OGM dans l'environnement devaient se prononcer sur une demande d'importation et de transformation du maïs NK 603, modifié génétiquement par Monsanto afin d'être tolérant à un herbicide (Roundup) également développé par le groupe américain.
Neuf pays ont voté pour (France, Espagne, Belgique, Irlande, Pays-Bas, Portugal, Finlande, Suède, Royaume-Uni), cinq contre (Italie, Danemark, Grèce, Luxembourg, Autriche) et l'Allemagne s'est abstenue.
23 février 2004 : Les autorités chinoises ont annoncé l'obtention par un semencier des certificats nécessaires à la mise en marché de 5 événements d'OGM pour la transformation (un soja, deux maïs et deux cotons). Ces certificats mettent fin à l'incertitude qui pesait jusqu'alors sur les importations chinoises de produits OGM, en particulier le soja en provenance des Etats-Unis.
9 mars 2004 : Le gouvernement britanique a décidé de donner son feu vert sous condtions à la culture en Grande-Bretagne de semences de maïs génétiquement modifié destiné à la consommation animale.
Ce maïs de fourrage génétiquement modifié est résistant aux herbicides.
Les licences accordées pour la culture de maïs génétiquement modifié expireront en octobre 2006. Pour que celles-ci soient renouvelées, de nouvelles analyses scientifiques devront être effectuées.
10 mars 2004 : Une société australienne et les principaux centres de recherche australiens sur les semences, viennent de commercialiser une nouvelle variété de blé dur transgénique résistant à la sécheresse, le blé Rees.
Selon les derniers sondages, les agriculteurs australiens, éprouvés par une sécheresse grave malgré les pluies des derniers mois, se montreraient de moins en moins défavorables à l'utilisation des cultures OGM.
8 avril 2004 : Feu vert en Suède aux pommes de terre génétiquement modifiées. La Direction de l'agriculture suédoise a donné son accord à la production de pommes de terre génétiquement modifiées à des fins industrielles.
Quand l'amidon d'une pomme de terre moyenne contient 85 % d'amylopectine et 15 % d'amylose, celui de la variété transgénique étudiée en Suède depuis 1994 contient 98 % d'amylopectine et seulement 2 % d'amylose.
18 avril 2004 : Mise en oeuvre de la réglementation communautaire renforçant les obligations d'étiquetage des produits à base d'OGM ou dérivés, destinés à l'alimentation humaine ou animale. Les produits concernés sont ceux qui contiennent des OGM, mais aussi ceux qui ont été élaborés à partir d'OGM, si le produit fini n'en présente plus de taces.
Cette réglementation impose la présence d'une mention sur l'étiquette dès qu'un produit alimentaire contient plus de 0,9 % de produit génétiquement modifié.
22 avril 2004 : L'Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (AESA) a donné un avis positif sur un maïs transgénique qu'elle estime "aussi sûr que le maïs conventionnel", qui a été tansmis à la Commission européenne. "Ce maïs génétiquement modifié (GM) afin de lui conférer une protection contre certains insectes, présente une sécurité équivalente à celle du maïs conventionnel", ont estimé les scientifiques de l'AESA. "Par conséquent, sa mise sur le marché destinée à des fins d'importation, de traitement ainsi qu'à l'alimentation humaine et animale, n'est pas susceptible de provoquer des effets indésirables sur la santé humaine ou animale, ou sur l'environnement", estime l'Agence.
27 avril 2004 : Le gouvernement italien a signé mardi à Parme l'accord entre l'Italie et l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) sur l'installation de cette agence européenne dans cette ville. L'accord doit encore être ratifié par le Parlement italien. Il pose les bases juridiques du transfert de l'EFSA de Bruxelles à Parme, son siège définitif en vertu d'une décision du sommet européen de décembre 2003.
19 mai 2004 : La commission euroépenne a autorisé, pour la première fois depuis 1999, l'importation dans L'Union Européenne d'un aliment génétiquement modifié : il s'agit du maïs bt-11. Ce maïs doux est aurotisé pour dix ans à la consommation humaine (boîte de conserve) mais ne pourra pas être cultivé.
26 mai 2004 : Le parlement danois a adopté une loi qui encadre et réglemente les conditions de coexistence entre les cultures de plantes transgéniques et les cultures conventionnelles ou biologiques.
19 juillet 2004 : La Commission européenne autorise la mise sur le marché du maïs GM NK603.
22 juillet 2004 : L’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) publie son rapport « OGM et alimentation : peut-on identifier et évaluer des bénéfices pour la santé ? ». L’étude porte sur quatre exemples : les plantes résistantes à des insectes, la betterave tolérante au glyphosate, l'enrichissement en vitamine A du riz doré et des microorganismes génétiquement modifiés.
8 septembre 2004 : La Commission européenne approuve l’inscription de 17 variétés du maïs MON810 dans le catalogue commun des variétés des espèces de plantes agricoles de l’Union européenne.
26 novembre 2004< :/b> L’Allemagne fixe un cadre strict à la culture d’OGM : la loi sur le génie génétique est axée sur la protection des consommateurs qui prévoit que les agriculteurs cultivant des OGM seront tenus responsables dans le cas d’une présence fortuite de gènes transgéniques dans des cultures conventionnelles.
8 décembre 2004 : Le Parlement français adopte la loi sur la protection des inventions biotechnologiques, qui transpose une directive européenne protégeant les inventions portant sur la matière biologique.
28 janvier 2005 : Le Parlement italien adopte une loi sur la coexistence entre les cultures OGM et l’agriculture conventionnelle qui laisse aux régions et provinces autonomes le soin de mettre en place leurs propres règles (mesures de coexistence, distances d’isolement…)
3 février 2005 : L’Afrique prépare le terrain à la culture d’OGM. Les résultats de deux années d’expérimentation sur le coton transgénique au Burkina Faso sont jugés encourageants par de nombreux acteurs du secteur. Les essais ont été menés par l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA), des firmes de recherche internationales et Burkina Biotech Association.
4 février 2005 : Vingt régions européennes, dont 5 françaises (Aquitaine, Bretagne, Ile-de-France, Limousin et Poitou-Charentes) signent à Florence la « Charte des régions et des autorités locales d’Europe sur la coexistence entre les OGM et les cultures traditionnelles et biologiques ».
14 février 2005 : Le comité d’éthique de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) publie un avis sur les OGM. Il déplore les arguments caricaturaux qui ressortent du débat public et met en garde contre l’uniformisation des productions. A propos des essais en plein champ, il demande qu’ils ne soient menés que pour vérifier un concept élaboré en milieu confiné, et qu’ils permettent d’évaluer les impacts agronomiques et environnementaux.
1er mars 2005 : La loi constitutionnelle relative à la Charte de l'environnement est adoptée et intègre dès lors le principe de précaution dans la Constitution française.
18 mars 2005 : Le Brésil autorise la culture et la vente d’un coton transgénique (Bollgard Evento 531).
22 mars 2005 : La nouvelle Commission européenne annonce à l’issue de son premier débat d’orientation sur les OGM l’autorisation imminente de mise sur le marché du colza GT73, la proposition de commercialisation du MON 163, la levée des embargos nationaux, de nouvelles inscriptions d’OGM au catalogue des semences et la poursuite des travaux sur les seuils d’étiquetage des semences.
24 mars 2005 : Le Brésil adopte une loi de « bio-sécurité » afin de réglementer la recherche, la culture et la commercialisation de plantes transgéniques.
Mars 2005 : Un bilan indique qu’en 2004, 27 sites de recherche sur les 48 autorisés en France ont été détruits par des faucheurs volontaires.
18 mars 2005 : Jean-Yves Le Déaut, député de Meurthe-et-Moselle, rend son rapport sur la « Place des biotechnologies en France et en Europe », concluant à un retard inquiétant de la France et de l’Europe en la matière.
14 avril 2005 : La mission d’information relative aux « enjeux et essais de l’utilisation des OGM » à l’Assemblée nationale publie son rapport après plusieurs mois d’auditions et de débats sur le sujet.
6 mai 2005 : Le ministère de l’Agriculture français autorise 11 nouveaux types d’essais en plein champ pour cette année, ce qui porte à une centaine le nombre de parcelles OGM. Les nouvelles autorisations concernent uniquement du maïs OGM. Les essais en 2005 concernent notamment le développement d’avantages agronomiques (résistance au stress hydrique, à certains insectes et à des herbicides, tolérance à la pyrale, assimilation de l’azote et remplissage du grain) ainsi que sur le développement d’OGM thérapeutiques.
16 mai 2005 : Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et de la Ruralité, Serge Lepeltier, ministre de l'Écologie et du Développement durable et François d'Aubert, ministre délégué à la Recherche condamnent avec la plus grande fermeté la destruction d'essais d'OGM perpétrés à Valdivienne (Vienne) le 14 mai.
7 juin 2005 : Le programme de recherche européen Co-extra, destiné à évaluer la coexistence pendant quatre ans, est lancé. Coordonnés par l’INRA (Institut national de la recherche agronomique), 52 partenaires vont concevoir des outils pour assurer la traçabilité des OGM tout au long de la chaîne alimentaire.
19 juillet 2005 Le gouvernement espagnol publie un décret qui formalise les bonnes pratiques agricoles en termes de coexistence. Il instaure une distance de séparation de 50 mètres entre un maïs transgénique et un maïs conventionnel et propose des mesures complémentaires comme le décalage de la période de semis ou la mise en place de zones tampons.
25 juillet 2005 : L’Autorité européenne de sécurité des aliments rend des avis favorables à l’importation et la transformation à des fins d’utilisation dans l’alimentation humaine et animale pour trois hybrides de maïs transgéniques : MON863xMON810, MON863xNK603 et MON863xMON810xNK603.
31 août 2005 : La Commission européenne autorise l’importation et la mise sur le marché du colza transgénique GT73, résistant au glyphosate.
6 septembre 2005 : 492 hectares de maïs OGM sont cultivés en France en 2005 selon les informations publiées par le ministère de l’Agriculture.
22 septembre 2005 : Le choix d’un approvisionnement non-OGM va devenir de plus en plus complexe et coûteux pour les filières agroalimentaires. C’est le constat du rapport « Le marché mondial des OGM : implications pour les filières alimentaires européennes », publié par Craddock, Brookes et Kniel.
Septembre 2005 : L’AGPM (Association générale des producteurs de maïs) présente un guide de bonnes pratiques sur la culture de maïs transgénique. Trois ans d’expérimentation dans le cadre du Programme opérationnel d’évaluation des cultures issues des biotechnologies (POECB) ont permis de définir des règles de coexistence entre cultures OGM et non-OGM, formalisées dans un guide de bonnes pratiques. En 2005, l’AGPM a conduit le Programme d’accompagnement des cultures issues de biotechnologies (PACB). Quinze agriculteurs ont cultivé du maïs génétiquement modifié dans les conditions réelles de production au champ, accompagnés par l’AGPM et ARVALIS-Institut du végétal, qui leur ont fourni un soutien technique. Les cultures menées par les agriculteurs sur 80 hectares en Aquitaine et Midi-Pyrénées ont confirmé les recommandations de l’AGPM en matière de bonnes pratiques de coexistence.
Septembre 2005 : Les Etats-Unis connaissent le dixième anniversaire du lancement des cultures génétiquement modifiées dans leur pays. Aujourd'hui, elles représentent 87 % des surfaces américaines de soja, 79 % de celles de coton et 52 % de celles de maïs. Les variétés transformées sont tolérantes aux herbicides, résistantes aux insectes ou les deux à la fois. En dix ans, 400 millions d'hectares de cultures transgéniques ont été ensemencés aux USA.
5 octobre 2005 : La cour de justice européenne rend un arrêt annulant l’interdiction de la culture d’OGM sur le territoire de la Haute-Autriche, en se basant notamment sur l’absence de preuve scientifique démontrant un éventuel danger pour la santé ou l’environnement. La Haute-Autriche avait informé en 2003 la Commission européenne de sa décision de bannir toute culture transgénique de son territoire.
Octobre 2005 : Une étude publiée dans la revue « Journal of Allergy and Clinical Immunology » confirme l’absence de risque allergène lié aux OGM. Des chercheurs portugais ont démontré qu’il n’y a pas de différence entre la sensibilité des personnes testées au maïs et au soja transgéniques par rapport aux produits conventionnels.
3 novembre 2005 : La Commission européenne autorise l’importation et la transformation du maïs 1507 pour utilisation dans l’alimentation animale.
19 décembre 2005 : Des chercheurs américains développent des tomates transgéniques plus résistantes en condition de sécheresse. Pour l’instant, ces progrès ont été observés en laboratoire.
Janvier 2006 : L’ISAAA (International service for the acquisition of agri-biotech applications) présente son rapport pour l’année 2005 : 90 millions d’hectares d’OGM ont été cultivés dans le monde, soit une augmentation de 11% par rapport à 2004. Les États-Unis, L’Argentine, le Brésil, le Canada et la Chine restent les principaux producteurs de plantes transgéniques. En Europe, l’Espagne, le Portugal, la France, l’Allemagne et la République Tchèque ont développé les cultures de maïs génétiquement modifiés autorisés par l’Union européenne.
3 mars 2006 : La commission européenne autorise la mise sur le marché du maïs génétiquement modifié 1507. Ce maïs a été rendu résistant à certains insectes ravageurs et tolérant à un herbicide. L'autorisation, qui avait été donné pour l'importation et l'utilisation en alimentation animale, concerne cette fois l'alimentation humaine.
23 mars 2006 : Adoption au Sénat du projet de loi relatif aux OGM. Ce texte de loi transpose les directives 98/81/CE relative à l'utilisation confinée d'OGM et 2001/18/CE relative à la dissémination volontaire d'OGM.
1er mai 2006 : La production de maïs génétiquement autorisés à la culture devrait atteindre 5000 hectares en 2006 selon l'AGPM (Association générale des producteurs de maïs).
19 mai 2006 : Le ministère de l'Agriculture et de la pêche français autorise 17 nouveaux programmes d'expérimentation, de recherche et de développement, au bénéfice de la recherche privée et publique. Ces essais concernent du maïs et du tabac génétiquement modifiés. Ils portent notamment sur la production de molécules (pharmacie et chimie fines), sur le fonctionnement de la plante (économie d'eau, précocité de floraison), sur la tolérance à un herbicide ou sur la résistance à des insectes.
Juillet 2006 : Les produits issus d’animaux ayant consommé des OGM jugés sans risque à la consommation. Un rapport du Council for Agricultural Science and Technology (Cast), présentant les résultats de plusieurs études internationales, évalue les effets de la consommation de viande, de lait et d’œufs issus d’animaux ayant été alimentés à partir de cultures génétiquement modifiées. Les experts concluent que ces produits sont tout aussi sains et présentent des qualités nutritives équivalentes aux produits issus d’animaux ayant été nourris à partir de cultures conventionnelles. Le niveau de sécurité sanitaire de ces aliments est également jugé tout à fait similaire. De même, aucune différence biologique significative n’a été relevée dans aucune étude entre les produits issus d’animaux nourris à partir de cultures OGM et ceux qui ne l’ont pas été.
Septembre 2006 : L’OMC confirme la condamnation du moratoire européen sur les OGM. L’Organisation mondiale du commerce a confirmé sa décision prise en février de condamner six Etats membres de l’Union européenne, dont la France. L’organisation internationale a reconnu que l’Union avait imposé un moratoire sur les OGM jusqu’en 2003 mais que celui-ci avait depuis lors été levé, rendant ainsi inutile toute condamnation sur ce point. En revanche, les mesures d’interdiction prises contre neuf produits génétiquement modifiés par l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la France, l’Italie et le Luxembourg, et qui sont toujours en vigueur, ont été jugées contraires aux règles du commerce mondial. L’OMC indique que l’UE « doit encore lever le moratoire complètement », et estime que les produits biotechnologiques faisant l’objet d’une demande d’autorisation de mise sur le marché européen doivent faire face à des « délais injustifiés motivés par des raisons politiques ». L’OMC a rappelé que ces interdictions « n'étaient pas fondées sur des évaluations des risques au sens de l'accord international sur les mesures sanitaires et phytosanitaires ».
Octobre 2006 : Une synthèse, menée en coopération avec de nombreux instituts de recherche européens et nord-américains dont l’INRA et Arvalis en France, confirme les connaissances consensuelles sur la coexistence pour le maïs OGM. Le respect de bonnes pratiques agricoles (lors du semis, de la récolte et du stockage) permet d’assurer la coexistence des filières OGM, conventionnelles et biologiques. En particulier, l’instauration d’une distance de séparation de 20 à 25 mètres, voire une distance inférieure si les cultures sont entourées de zones tampons non OGM, permet d’assurer une présence fortuite de matériel OGM dans les cultures conventionnelles inférieure au seuil d’étiquetage obligatoire de 0,9 % prévu par les règlementations européennes.
Octobre 2006 : Un rapport établi à la demande du gouvernement helvétique par une station de recherche publique fait le point sur les connaissances scientifiques concernant les effets environnementaux des cultures OGM en examinant le savoir acquis depuis 10 ans par les pays pratiquant essais ou cultures. L’étude indique que «les données disponibles aujourd’hui n’apportent aucune preuve scientifique que les cultures commerciales de plantes génétiquement modifiées aient causé des dommages à l’environnement ».
Novembre 2006 : Des chercheurs ont modifié des plants de coton pour éliminer de la graine le gossypol, une substance toxique pour l’homme et les animaux. Dès lors, les graines de coton sans gossypol pourraient potentiellement devenir une ressource alimentaire pour près de 500 millions de personnes chaque année estime le Dr Keerti Rathore, qui a dirigé ces recherches. Ces graines de coton pourraient également être utilisées pour l’alimentation d’animaux, comme le poulet ou la dinde, pour qui elles étaient jusque-là toxiques.
12 décembre 2006 : La Commission a demandé à la Cour de justice des Communautés européenne (CJCE) d'imposer à la France le paiement d'une pénalité forfaitaire de plus de 38 millions d’euros ainsi qu’une astreinte journalière de 366 744 euros à compter de la date du second arrêt de la Cour et jusqu'à l'adoption de la législation requise. La directive 2001/18/CE aurait dû être transposée par la France en 2003.
18 janvier 2007 : L’ISAAA, dans son rapport annuel publié le 18 janvier, indique que les surfaces cultivées en OGM ont progressé de 13 % en 2006 et ont atteint les 102 millions d’hectares, soit, depuis 1996, une multiplication par 60 des cultures OGM. Les Etats- Unis, avec 54,6 millions d’hectares cultivés, connaissent la progression la plus forte et demeurent le premier pays cultivateur d’OGM au monde. En Europe, six Etats membres de l’Union cultivent désormais des PGM. L’Espagne reste le premier pays cultivateur avec près de 60 000 hectares. Les pays du Sud représentent aujourd’hui 40 % de la superficie mondiale des cultures OGM, en forte progression (21 % contre 9 % pour les pays industrialisés). L’augmentation des rendements et des revenus pour les agriculteurs explique cette forte croissance. En 2006, 9,3 millions d’agriculteurs ont utilisé des OGM, dont 90 % étaient des petits agriculteurs. L’ISAAA estime que la mise à disposition de nouvelles variétés (de riz notamment) et la demande croissante en biocarburants entraineront une forte croissance des OGM dans les prochaines années. D’ici 2015 « plus de 20 millions d’agriculteurs cultiveront 200 millions d’hectares de plantes biotechnologiques dans environ 40 pays ».
25 janvier 2007 :Une équipe de l'Université centrale de Floride a annoncé avoir produit un antigène, une protéine immunologique extraite des chloroplastes de tabac biotechnologiques qui peut être utilisée, à moindre coût dans la production de vaccins contre l'amibiase. Ce parasite qui infecte le gros intestin, affecte 50 millions de personnes par an et provoque 100 000 morts principalement dans les pays du Sud.
19 mars 2007 : Le ministère de l'Agriculture a autorisé treize essais de cultures d'OGM en plein champ sur les quatorze dossiers qui avaient été déposés pour 2007.
Sur les quatorze dossiers présentés, douze concernent des maïs, un du tabac et le dernier une pomme de terre génétiquement modifiés. Ces 14 dossiers ont été évalués par la Commission du Génie Biomoléculaire (CGB), chargée d'évaluer les risques pour la santé et l'environnement,
dont les avis sont publiés sur www.ogm.gouv.fr
20 mars 2007 :Le ministère de l'Agriculture a publié les décrets de transposition de la directive européenne 2001/18 qui encadre les cultures et essais d'OGM.
9 juillet 2007 : Mise en ligne du registre national sur les OGM par le ministère de l'Agriculture : Ce registre présente la localisation par canton des parcelles de cultures OGM (maïs bt, résistant à un insecte ravageur, la pyrale). Environ 22 000 ha de maïs bt ont été déclarés en 2007.
Juillet à cotobre 2007 : "Grenelle Environnement" orgnisé par le ministère de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables.
L'organisation du Grenelle Environnement vise à créer les conditions favorables à l'émergence de cette nouvelle donne française en faveur de l'environnement.
Il a réuni l'Etat et les représentants de la société civile afin de définir une feuille de route en faveur de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables.
En plus des 6 groupes de travail qui ont été constitués (Agir contre les changements climaqituqes et maîtriser la demande d'énergie - Préserver la biodiversité et les ressources naturelles - Instaurer un environnement respectueux de la santé - Adopter des modes de production et de consommation durables - Construire une démocratie écologique - Promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l'emploi et à la compétitivité), un intergroupe OGM a été mis en place.
Synthèse des recommandations élaborées par les membres de l'intergroupe OGM :
- Les connaissances et la recherche publique sur les incidences des manipulations génétiques doivent être renforcées (consensus), notamment en matière d'évaluation environnementale et sanitaire de chaque OGM< (coonsensus), ainsi que des moyens d'appréciation plus générale, et notamment agronomique, sociale et économique, de l'intérêt de chaque OGM accord majoritaire). Une ligne pérenne et importante doit être réservée à ce sujet à l'Agence nationale de la recherche pour les 10 prochaines années, nonobstant la recherche accrue sur les autres parcours de culture non débattus.
- Une haute autorité unique donnant des avis au gouvernement sur chaque OGM doit être mise en place (concensus). Elle doit être équipée d'une expertise scientifique et pluridisciplinaire, d'une expertise citoyenne et de moyens propres, et est chargée de coordonner l'évaluation préalable à l'aurotisation de dissémination (concensus ainsi que la surveillance des effets débat sur l'articulation ou l'indépendance de l'évaluation et de la surveilance). Elle travaille dans la transparence (concensus). Elle ne se sustitue pas à l'échelon politique qui reste celui de la décision.
- Avant la fin du printemps 2008, l’adoption d’une loi traitant des OGM (consensus) créant la haute autorité (consensus) et déclinant en particulier les principes du libre choix de produire et de consommer (consensus) avec ou sans OGM (consensus mais débat sur les seuils), du pollueur-payeur (consensus) et de la responsabilité (pas de consensus sur les déclinaisons pratiques), de non-brevetabilité du vivant (consensus sur la non brevetabilité du génome), de transparence et de participation citoyenne (consensus), d’évaluation préalable et continue de chaque OGM (consensus), sur les critères environnementaux et sanitaires (consensus), et du développement durable (consensuel).
Par ailleurs, les fortes attentes pour des discussions de fond sur l’intérêt sociétal et la justification des innovations biotechnologiques doivent trouver une arène instituée d’expression et de dialogue.
Enfin, le groupe s’est entendu sur le besoin d’avancer dans la consolidation d’une politique nationale sur le gène et les ressources génétiques, à explorer par exemple à l’occasion d’un « Sommet international ou européen du gène ».
24 octobre 2007 : La commission européenne a autorisé à l’importation trois nouveaux maïs et une betterave sucrière transgéniques pour une utilisation en alimentation humaine et/ou animale.
Il s’agit du :
- Maïs Herculex RW : génétiquement modifié pour résister à un insecte ravageur, la chrysomèle.
- Maïs 1507/NK603 et Mon 810/NK603 : génétiquement modifié pour résister à un insecte ravageur, la pyrale, et pour tolérer un herbicide non sélectif, le glyphosate.
- Betterave sucrière H7-1 : génétiquement modifiée pour tolérer des herbicides à base de glyphosate.
5 décembre 2007 : Le ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables publie un décret (n°2007-1710) instituant un comité de préfiguration d’une haute autorité sur les organismes génétiquement modifiés.
5 décembre 2007 : Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche publie un arrêté suspendant la cession et l’utilisation des semences de maïs MON810 au plus tard jusqu’au 9 février 2008, le temps qu’une mission d’évaluation des effets du MON810 sur l’environnement et la santé publique soit réalisée par le comité de préfiguration de la haute autorité des OGM.
12 janvier 2008 : La France engage la procédure contradictoire afin de déposer une clause de sauvegarde sur la culture du maïs OGM MON 810, jusqu’à la réévaluation par les instances européennes de l’autorisation de commercialisation de cet OGM.
Des scientifiques membres des Académies des Sciences, des Technologies et d’Agriculture protestent contre des décisions qui ne reposent sur aucune analyse scientifique rigoureuse et expriment leur inquiétude pour l’avenir de la recherche française dans le domaine des biotechnologies végétales.
5 février 2008 : Projet de loi OGM examiné au Sénat.
7 février 2008 : suspension par le gouvernement de la seule plante génétiquement modifiée autorisée à la culture en France, le maïs Mon810.
12 février 2008 : La Commission nationale de Biotechnologie du Brésil approuve la culture et la vente dans le pays de deux variétés de maïs transgénique.
13 février 2008 : Parution du rapport de l’ISAAA, l'International service for the acquisition of agri-biotech applications (www.isaaa.org)
Les surfaces cultivées avec des organismes génétiquement modifiées ont atteint 114,3 millions d'hectares dans le monde en 2007, soit une progression de 12% par rapport à 2006. Deux millions d'agriculteurs de plus ont cultivé des OGM dans le monde en 2007, ce qui porte leur total à 12 millions. Le nombre de pays cultivant des OGM est désormais de 23 et pour la première fois le nombre de pays du sud (12) a dépassé celui des pays du nord (11).
20 février 2008 : L'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a annoncé avoir déposé deux recours au Conseil d'Etat contre les arrêtés d'interdiction de la culture du maïs transgénique MON 810 en 2008 pris par le ministère de l'Agriculture.
3 mars 2008 : La France propose une remise à plat des procédures d'homologation des OGM dans l'UE, pour prendre davantage en compte les risques.
19 mars 2008 : Le Conseil d'Etat a rejeté la demande de certains producteurs et semenciers de suspendre l'interdiction de la culture du maïs transgénique en 2008.
28 mars 2008 : Bruxelles autorise l'importation de maïs GA21 mais pas sa culture.
La Commission euroépenne autorise l'importation et la commercialisation dans l'Union européenne d'un maïs génétiquement modifié, le GA21, mais a confirmé l'interdiction de le cultiver sur le territoire européen. Ce maïs a été rendu tolérant à un herbicide total.
22 mai 2008 : Adoption par le Sénat du projet de loi sur les OGM.
25 juin 2008 : promulgation de la loi relative aux OGM, instaurant un cadre législatif pour la culture d’OGM en France.
8 septembre 2008 (AFP) : La Commission européenne a autorisé l'importation dans l'UE de produits contenant un soja génétiquement modifié (A2704-12), utilisé dans des denrées alimentaires et des aliments pour animaux.
8 septembre 2008 : Autorisation par la Commission européenne concernnant la mise sur le marché de produits contenant du soja génétiquement modifié (ACS-GM005-3), consistant en ce soja ou produits à partir de celui-ci.
29 octobre 2008 : La Commission européenne a autorisé la commercialisation à des fins alimentaires d'un coton génétiquement modifié le LL COTTON 25, et de son huile.
29 octobre 2008 : l’Autorité européenne de sécurité des aliments conclut que les arguments français ne justifient pas la suspension du Mon810, et réaffirme son avis positif.
4 décembre 2008 : La Commission euroépenne a autorisé l'importation dans l'Union Européenne à des fins alimentaires du soja génétiquement modifié MON89788. Ce soja est tolérant à un herbicide.
5 décembre 2008 : publication du décret instituant le Haut conseil des biotechnologies (HCB.
23 janvier 2009 : Avis de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) qui considère que l’étude du Professeur Le Maho n’apporte aucun élément nouveau susceptible de remettre en cause la sécurité sanitaire des maïs Mon810.
11 février 2009 : publication par l’International service for the acquisition of agri-biotech applications (Isaaa) des statistiques concernant les OGM cultivés dans le monde : en 2008, les surfaces cultivées en OGM étaient en progression de 9,6 %, avec 125 millions d’hectares cultivés.
12 février 2009 : publication par l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) d’un avis positif sur le Mon810.
16 février 2009 : les ministres européens de l’environnement ne parviennent pas à adopter une position commune sur l’interdiction française de la culture du maïs Mon810.
10 mars 2009 : autorisation par la commission européenne à la mise sur le marché de produits contenant du colza T45 (ACS-BN008-2) génétiquement modifié.
22 avril 2009 : Présentation du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) par Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno. Le Haut conseil est chargé d’éclairer le gouvernement sur toutes questions concernant les OGM et de formuler des avis en matière d’évaluation des risques pour l’environnement et la santé.
3 mai 2009 : publication du décret nommant le président du Haut Conseil des biotechnologies (Mme Catherine Brechignac), du président et des membres du comité scientifique et du président et des membres du comité économique, éthique et social.
12 mai 2009 : Première réunion du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB.


